Le Costa Rica, en plus d’être un écrin de biodiversité, est également une terre de contes et légendes. Héritées des traditions indigènes et enrichies au fil des siècles par les influences coloniales et populaires, les croyances et légendes costariciennes sont profondément ancrées dans la culture du pays. Elles révèlent un lien fort avec la nature, mais aussi une manière de transmettre des valeurs, de faire peur ou de faire réfléchir. Plongeons ensemble dans l’univers fascinant de ces histoires, entre esprits des forêts, sorcières, animaux mythiques et charrettes fantômes…
Les légendes populaires du Costa Rica
Les légendes liées à la nature au Costa Rica
Le Costa Rica est un pays qui dispose de nombreuses croyances, ceci est en partie dû à son histoire. A l’origine, le Costa Rica était habité par plusieurs tribus indigènes les Nahualt et les Quechuas. Ces tribus étaient (et sont toujours) très connectées à la nature. La terre et plus largement les arbres, et les pierres sont très respectés, car porteurs de vie. C’est pour cela qu’on retrouve plusieurs croyances costaricaines axées sur les pierres et les arbres.
Les légendes populaires du Costa Rica
La llorona
La llorona est une légende très populaire en Amérique Latine. Elle est très présente dans la culture latina : dans les chansons ou encore les livres. Au Costa Rica, la légende raconte que Llorona serait une princesse indigène ou métisse selon les versions. Elle serait tombée amoureuse d’un conquistador. De cet amour serait né un enfant. Rejetée par sa famille (le métissage avec les conquistadors était une haute trahison), et par son amant, la llorona a noyé son fils. Elle erre donc depuis ce jour le long des fleuves et cours d’eau en pleurant ce dernier. On raconte également qu’elle apparait aux hommes infidèles pour les punir. Le terme Llorona pourrait se traduire par « la pleureuse » ou « la femme qui pleure ».
La llorona apparait dans le roman éponyme de Marcela Serrano. Elle à également sa propre chanson : elle est très populaire notamment au Mexique.
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La Tulevieja
La Tulevieja est une sorcière. Son nom est composé de « Tule » un très grand sombrero qui couvre la quasi-totalité du visage et de « vieja » « vieille dame » en espagnol. Son apparence varie selon les régions : tantôt petite et replète, tandis chimère hybride entre une femme et un oiseau. Poitrine nue, ses seins sont gorgés de lait maternel. Elle est souvent liée au Costa Rica à l’histoire de la Llorona, autre légende mentionnée plus haut. Comme la Llorona, la tulevieja aurait noyé son fils et arpenterait les rivières en le cherchant.
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El cadejos
L’histoire est celle d’un jeune garçon, troisième d’une fratrie quatre. Contrairement à ses frères, il n’aime pas travailler et préfère la fête. Un jour, son père le trouve en train de dormir dans la réserve de la boutique familiale. Excédé il lui dit « tu resteras a quatre pattes pour le restant de tes jours ».
Le Caldejo est un animal mi-chien, mi-loup. Il en existe deux versions, un noir et un blanc. Le noir est la version maléfique et maligne de l’animal : il fait peur aux mauvaises âmes, tandis que le blanc accompagne les bonnes âmes, et les protège. Le Cadejos du Costa Rica est très effrayant mais parfaitement inoffensif.
Cette légende du Costa Rica est très ancienne, elles remonte aux premières civilisations indigènes. Les chamans utilisaient la figure des animaux pour punir ou soigner.
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La charrette sans bœufs
La légende de la charrette sans roue (la carreta sin Bueyes) raconte une charrette qui se promènerait sans boeufs ni cocher pour la guider. Elle errerait sans but en faisant des bruits stridents, d’abord lointains puis de plus en plus rapprochés. On raconte qu’elle se promenait près des foyers non mariés ou en constantes disputes. Cette légende était à l’origine utilisée pour faire peur : les couples non mariés vivants sous le même toit faisaient à une époque particulièrement débat. On disait également que la charrette sans bœufs apparaissait aux personnes avares. Concernant le sort infligé aux personnes qui entendent et voient la charrette cela diffère. Dans la première version, les personnes meurent 8 jours après l’apparition de la charrette, dans la seconde ils ne meurent pas mais gardent une tare physique à vie.
L’origine de cette légende est celle d’un homme qui aurait voulu construire une charrette, mais n’ayant pas les matériaux nécessaire pour le faire, décida de voler ce dont il avait besoin. Lorsqu’il mourut, sa charrette devint maudite.
La figure de la charrette au Costa Rica est assez répandue, c’est un des symboles caractérisant le pays, il n’est donc pas étonnant de retrouver une légende associée à cette figure. La charrette est devenue une symbole culturel parce qu’elle représente la partie laborale du pays. En effet, cette dernière a souvent été utilisée pour tout types de travaux manuels : les agriculteurs dans les champs, mais également par les cultivateurs de café, une des plus grandes sources de finance du pays.
Aujourd’hui, vous pouvez voir des charrettes en bois un peu partout au Costa Rica, mais surtout dans la ville de Sarchi qui en fabrique des miniatures peintes à la main.
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La Bruja de Escazu
Escazu est une petite ville située dans la vallée centrale du Costa Rica. Elle est connue pour être un lieu particulièrement prolifique en termes de sorcières. La Tulevieja, mentionnée plus haut par exemple viendrait de cette ville.
Lorsque le Costa Rica fut indépendant en 1821, la liberté de culte n’était pas garantie, le christianisme a été imposé comme religion d’état. Les rabbins d’Escazu se réunissaient dans les sous-sols des synagogues en secret avec leurs fidèles. Les rabbins à cette époque étaient souvent habillés de longs vêtements noirs, et déambulaient encapuchonnés pour qu’on ne les remarque pas. On à alors pensé qu’il s’agissait de sorcières.
Les légendes liées à la nature
Les arbres sacrés
On raconte que certains arbres comme le Ceiba sont habités par des esprits ancestraux. Il ne faut pas les abattre sans cérémonie ou permission, sous peine de malédiction.
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La lagune de Cote (Alajuela)
Une légende raconte qu’un village entier aurait été englouti dans cette lagune après que ses habitants eurent défié Dieu. Les jours de pleine lune, on entendrait des cloches sonner au fond de l’eau.
La pierre de Coyolito
Une roche mystérieuse près de Nicoya aurait des pouvoirs de guérison. Des familles y laissent encore aujourd’hui des offrandes ou prières.
El Duende
Petit être malicieux de la forêt (similaire à un lutin), il vit dans les montagnes et les arbres. Il aime jouer des tours aux humains, notamment en les faisant se perdre dans la forêt. Il est craint, mais aussi respecté.
Les légendes du Costa Rica sont bien plus que de simples récits fantastiques : elles sont le reflet d’un imaginaire collectif forgé par l’histoire, la spiritualité et le respect de la nature. Qu’elles soient terrifiantes ou bienveillantes, ces contes et légendes continuent de se transmettre, génération après génération, comme un pont entre le passé et le présent. En les découvrant, on pénètre un peu plus l’âme d’un pays où chaque arbre, chaque pierre et chaque rivière peut cacher une mémoire ou un mystère…



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