
Silencieuse, sans essence et rechargée à l’électricité verte : la voiture électrique a tout pour séduire les voyageurs qui choisissent le Costa Rica pour sa nature. Mais peut-on vraiment faire un road trip en électrique ici, entre volcans, plages et routes de montagne ? Chez Arawak Experience, nous vivons au Costa Rica depuis 2016 et nous organisons des circuits en autotour toute l’année. Voici notre avis honnête : ce qui marche, ce qui coince encore, et pour qui c’est une bonne idée.
Le Costa Rica, pionnier de la mobilité électrique en Amérique latine
Le pays produit la quasi-totalité de son électricité à partir de sources renouvelables (hydraulique, géothermie, éolien, solaire). Rouler en électrique ici, c’est donc vraiment rouler propre.
Le marché suit : au premier semestre 2026, les voitures 100 % électriques ont dépassé 20 % des ventes de véhicules neufs, et le pays compte plus de 41 000 véhicules électriques en circulation (La República). Une loi de 2018 encourage leur achat et oblige les distributeurs d’électricité à installer des bornes publiques.
La mobilité électrique au Costa Rica en chiffres
Le réseau de recharge : en progrès, mais encore insuffisant
En octobre 2026, le pays ne compte qu’environ 90 stations de recharge rapide pour plus de 40 000 véhicules électriques, soit une pour 450 voitures (Diario Extra). La plupart sont gérées par l’ICE (l’opérateur public d’électricité) et par les coopératives électriques régionales.
- Recharge rapide (DC) : bornes de 50 à 100 kW, environ 30 minutes pour une bonne recharge. Les bornes de l’ICE proposent les trois prises CHAdeMO, CCS1 et GB/T, compatibles avec les marques américaines, européennes, japonaises et chinoises (La República).
- Recharge semi-rapide (AC) : l’ICE déploie 180 bornes de 21 kW sur trois ans, dont 25 prévues en 2026 (electrive). On en trouve aussi dans des centres commerciaux, restaurants et hôtels.
- Les régions se renforcent : de nouvelles stations rapides ont été annoncées à Liberia, Jacó, Orotina, Uvita, Pérez Zeledón, Limón, Puerto Viejo, Ciudad Neily ou Palmar (La República).
- Bientôt des opérateurs privés : une loi récente (Ley 10.937) autorise les entreprises privées à vendre la recharge ; son règlement d’application est encore attendu.
Combien ça coûte ? Sur le réseau public, la recharge rapide est facturée à la minute : 126 colones par minute + TVA depuis fin 2025, soit environ 4 300 colones (8 à 9 USD) pour 30 minutes (Monumental). Ce tarif unique pourrait bientôt être libéralisé. Les bornes de l’ICE s’activent via l’application Es Eléctrico.

Où trouver les bornes ?
Deux cartes en ligne recensent les points de recharge du pays :
- La carte de l’Asomove, l’association costaricienne de mobilité électrique : bornes publiques avec puissance, type de prise, tarifs, horaires et signalements de pannes, avec lien vers Waze et Google Maps. Elle existe aussi en application mobile (Delfino).
- Electromaps, en français, qui recense plusieurs centaines de points de recharge au Costa Rica, rapides et lents.
Carte interactive des bornes : ouvrir la carte de l’Asomove en plein écran
Les points positifs
- Une énergie vraiment verte : l’électricité costaricienne est quasi 100 % renouvelable. Votre empreinte carbone sur la route devient minime.
- Un budget carburant réduit : une recharge rapide de 30 minutes coûte environ 8 à 9 USD, bien moins qu’un plein d’essence. Et la recharge est souvent gratuite dans les hôtels équipés.
- Un confort de conduite idéal pour la montagne : couple immédiat dans les côtes, freinage régénératif dans les longues descentes (Cerro de la Muerte, routes vers le Pacifique) qui recharge la batterie.
- Le silence : on entend les oiseaux et les singes en arrivant au lodge, une expérience cohérente avec un voyage nature.
- Des distances courtes : les étapes d’un circuit au Costa Rica dépassent rarement 150 à 250 km, compatibles avec l’autonomie des modèles récents.
- Des hôtels de plus en plus équipés : de nombreux lodges installent des bornes pour leurs clients et la recharge de nuit règle l’essentiel des besoins.

Les points négatifs et les limites
- Des bornes peu fiables : en 2025, l’association costaricienne de mobilité électrique (Asomove) estimait qu’environ 22 des 60 bornes rapides du pays étaient hors service ou défaillantes, surtout sur le Pacifique central et sud (Delfino). Arriver devant une borne en panne fait partie des risques réels.
- Des incompatibilités : selon le régulateur Aresep, la grande majorité des pannes enregistrées en 2023-2024 venaient de problèmes de communication entre les bornes et certains véhicules, notamment de marques chinoises (Semanario Universidad).
- Un réseau concentré dans la Vallée centrale : dès que l’on s’éloigne des grands axes (péninsule d’Osa, côtes de Nicoya, zones rurales), les bornes se raréfient.
- Des pistes non adaptées : beaucoup de routes touristiques (Monteverde, Drake, certaines plages) sont en terre ou en gravier et demandent un 4×4 avec garde au sol. La plupart des voitures électriques ne sont pas faites pour ça.
- Du temps perdu : une recharge rapide prend 30 à 45 minutes, parfois plus s’il faut attendre son tour. Sur un circuit serré, cela pèse.
- Une offre de location quasi inexistante : c’est aujourd’hui le principal frein pour un voyageur (voir ci-dessous).
- La chaleur, la clim et le relief : la climatisation permanente et les fortes dénivelées réduisent l’autonomie réelle par rapport à la fiche technique.
Louer une voiture électrique : le vrai point bloquant
Paradoxalement, c’est plus difficile de louer une voiture électrique que d’en trouver une sur la route. Les grands loueurs locaux restent prudents : Adobe Rent a Car, l’un des principaux du pays, indique en 2026 ne pas proposer de véhicules électriques ni hybrides rechargeables aux touristes, faute de réseau de recharge assez fiable hors des villes (Adobe Rent a Car).
Quelques solutions existent tout de même :
- Des offres spécialisées comme Green Circle Experience, qui loue des SUV électriques appartenant à des particuliers costariciens, dans le cadre d’un circuit avec hébergements partenaires où la recharge est gratuite.
- Certaines enseignes internationales affichent une catégorie « électrique » au Costa Rica, mais la disponibilité est rare et doit être confirmée bien à l’avance.
- Les transferts privés en véhicule électrique se développent, une bonne alternative pour les trajets aéroport-hôtel.
En pratique, la location d’une voiture électrique pour un autotour classique reste aujourd’hui une niche.
Quels itinéraires s’y prêtent ?
Tout dépend de votre parcours. Les grands axes goudronnés passent bien ; les pistes et zones isolées beaucoup moins.
| Région ou trajet | En électrique | Pourquoi |
|---|---|---|
| Vallée centrale (San José, Cartago, Heredia) | Facile | Forte densité de bornes |
| Côte Pacifique centrale (Jacó, Manuel Antonio, Uvita) | Faisable | Bornes rapides le long de la Costanera, mais pannes fréquentes signalées |
| Côte Caraïbe (Cahuita, Puerto Viejo) | Faisable | Bornes à Guápiles, Limón et Puerto Viejo |
| Arenal / La Fortuna | Faisable | Routes goudronnées, hôtels souvent équipés |
| Guanacaste (Liberia, plages du nord) | Faisable sur les axes | Plages isolées et pistes plus compliquées |
| Monteverde | À éviter | Accès en partie par piste, forte montée |
| Péninsule d’Osa, Drake | Déconseillé | Pistes, gués, très peu de bornes |
| Tortuguero | Non concerné | Accès en bateau, la voiture reste au parking |

Nos conseils pratiques
- Choisissez des hébergements équipés d’une borne : c’est la clé. Recharger la nuit à l’hôtel évite presque toutes les galères.
- Repartez toujours avec la batterie pleine et gardez au moins 20 à 30 % de marge en arrivant à l’étape.
- Installez les applications avant de partir : Es Eléctrico (bornes de l’ICE) et la carte de l’Asomove pour vérifier l’état des bornes et les pannes signalées.
- Vérifiez le type de prise de votre voiture (CCS1, CHAdeMO ou GB/T) et demandez au loueur les adaptateurs fournis.
- Prévoyez un plan B à chaque étape : une deuxième borne sur le trajet ou un hôtel équipé en cas de panne.
- Évitez les week-ends et les vacances locales (Semaine sainte, décembre-janvier) : les bornes sont plus fréquentées.
- Allégez votre programme : comptez 30 à 45 minutes de recharge sur les longues étapes, à combiner avec un déjeuner ou un café.
Notre verdict : oui, mais pas pour tout le monde
Voyager en voiture électrique au Costa Rica est possible et cohérent avec un voyage écoresponsable, mais ce n’est pas encore la solution la plus simple pour un autotour.
C’est une bonne idée si :
- vous avez déjà l’habitude de conduire en électrique ;
- votre circuit reste sur les axes goudronnés (Vallée centrale, Arenal, Pacifique central, Caraïbe) ;
- vous dormez dans des hôtels équipés de bornes ;
- vous avez du temps et acceptez quelques imprévus.
Mieux vaut s’en passer si :
- c’est votre premier voyage au Costa Rica ;
- vous visez Monteverde, la péninsule d’Osa ou des plages accessibles par piste ;
- votre circuit est court et chargé.
Le réseau progresse vite : nouvelles bornes de l’ICE, ouverture au privé, offre de location qui devrait suivre. D’ici quelques années, la question ne se posera sans doute plus.
En attendant, chez Arawak Experience, nous pouvons étudier avec vous la faisabilité d’un circuit en électrique : choix des étapes, hôtels équipés, distances adaptées. Et si l’électrique ne colle pas à votre itinéraire, nous vous aidons à réduire l’impact de votre voyage autrement : véhicule adapté, étapes plus longues, hébergements engagés.
Sources
- La República : ventes de véhicules électriques au 1er semestre 2026
- Diario Extra : déficit de bornes, octobre 2026
- electrive : 180 bornes semi-rapides de l’ICE
- La República : extension des bornes rapides de l’ICE
- La República : prises CHAdeMO, CCS1 et GB/T
- Monumental : tarif de recharge rapide, septembre 2026
- Delfino : pannes des bornes rapides signalées par Asomove
- Semanario Universidad : étude Aresep sur les pannes
- Adobe Rent a Car : location électrique pour touristes
- Green Circle Experience : location de voitures électriques

