À Santa Ana, à l’ouest de San José, le parc national urbain Lorne Ross est aujourd’hui devenu un symbole fort. Celui d’une mobilisation citoyenne réussie face à des projets politiques et économiques divergents. Son histoire est celle d’un conflit de plusieurs années entre habitants, institutions et acteurs du développement immobilier. Ce conflit reflète un dilemme international entre la conservation des espaces naturels et le développement économique. A travers cette lutte citoyenne dans laquelle Arawak Experience s’est pleinement impliqué, le choix a été fait : celui de la protection de l’environnement.
Sommaire :
- Une finca historique devenue un enjeu national
- Le début d’un conflit
- Une mobilisation citoyenne massive
- Un débat jusque dans les institutions nationales
- 2025 : une victoire historique pour le parc Lorne Ross
- Une nouvelle étape : restaurer et faire vivre le parc
Une finca historique devenue un enjeu national
À l’origine, le terrain était une ancienne finca agricole appartenant à Lorne Ross Ashley. En 1975, lui et son épouse en font don à l’État costaricien avec une condition claire. Les 50 hectares seront consacrés à la conservation de la nature et à un projet éducatif environnemental.
Pendant des décennies, la propriété connue comme le centre de conservation de Santa Ana est utilisée à des fins environnementales, notamment via une gestion confiée à une fondation. Mais il y a quelques années, le contrat de concession arrive à son terme, laissant le site sans direction claire et dans un état d’abandon progressif. Ce moment marque le début d’une lutte qui va impliquer de nombreux acteurs, dont le gouvernement.
Le début d’un conflit
Avec la fin de la concession, le terrain devient un espace stratégique. Situé dans une zone en forte expansion immobilière, il représente une opportunité majeure pour des projets économiques. Santa Ana est un endroit privilégié pour résider, qui allie la proximité au centre urbain et une qualité de vie supérieure à San Jose.
C’est dans ce contexte qu’émerge une opposition politique forte du gouvernement en place. Il soutient un projet alternatif : transformer une partie du site en parc aquatique, inspiré de modèles urbains internationaux.
Pour de nombreux habitants, cette proposition va à l’encontre de la volonté initiale du donateur et menace l’équilibre écologique du site. Une mobilisation se développe pour réagir au projet porté par le pouvoir.
Une mobilisation citoyenne massive
Face à ce projet, les habitants de Santa Ana s’organisent rapidement. Collectifs citoyens, associations locales et acteurs engagés dont Arawak Experience se mobilisent pour défendre une vision alternative : celle d’un parc naturel urbain protégé.
Au fil des mois, les actions se multiplient. Manifestations locales, présence à l’Assemblée législative, campagnes de sensibilisation et pressions exercées sur les élus témoignent d’une mobilisation croissante. En parallèle, les citoyens dénoncent plusieurs tentatives de blocage institutionnel. Le pouvoir en place dépose notamment de nombreuses motions visant à ralentir, voire empêcher, l’adoption du projet.
Malgré ces obstacles, le mouvement ne cesse de gagner en ampleur. Soutenue officiellement par la municipalité de Santa Ana, la mobilisation citoyenne s’impose progressivement comme un acteur incontournable du débat public, renforçant la légitimité du projet de parc naturel.
Assemblée général des militants en faveur du parc Lorne Ross
Un débat jusque dans les institutions nationales
Très vite, le conflit dépasse le cadre local pour s’inviter au cœur de l’Assemblée législative. Ce qui n’était au départ qu’un désaccord territorial devient un véritable enjeu national. Le parc cristallise alors des tensions profondes entre développement économique et expansion urbaine, impératifs de protection environnementale et rivalités entre gouvernance locale et pouvoir central. Ce conflit reflète un dilemme profond qui peut se calquer à l’échelle internationale.
Au cours des débats à l’Assemblée législative, certaines avancées du projet ont été obtenues dans des moments stratégiques. Grâce à ça, les partisans du parc ont ainsi réussi à faire progresser le texte malgré les nombreuses tentatives de blocage. Cette situation a provoqué de furieuses réactions du gouvernement, qui a dénoncé des manœuvres politiques et un passage en force.

Article local sur la frustration du gouvernement
2025 : une victoire historique pour le parc Lorne Ross
Après plusieurs années de mobilisation et de tensions, les habitants de Santa Ana finissent par obtenir gain de cause. En décembre 2025, le gouvernement officialise la création du “Parque Natural Urbano Lorne Ross Ashley”, lui accordant un statut de protection attendu de longue date.
Cette décision marque un tournant majeur. Elle consacre la naissance du premier parc naturel urbain de ce type au Costa Rica, garantit la préservation écologique du site et permet, enfin, de respecter la volonté initiale de son donateur.
Au-delà de son importance environnementale, cette reconnaissance représente surtout une victoire citoyenne emblématique. Elle illustre la capacité des habitants et d’une mobilisation générale à influencer durablement les décisions publiques.
La création du parc national Lorne Ross
Une nouvelle étape : restaurer et faire vivre le parc
Aujourd’hui, l’histoire du parc Lorne Ross ne s’arrête pas à cette victoire politique. Longtemps laissé à l’abandon, le site entre désormais dans une nouvelle phase : celle de sa restauration et de sa réappropriation par les citoyens.
À Santa Ana, les habitants poursuivent leur engagement avec la même détermination. Des journées de nettoyage et de reforestation sont régulièrement organisées, rassemblant une participation bénévole importante, parfois près d’une centaine de personnes.
Peu à peu, cette mobilisation transforme le parc en un véritable projet partagé, où se rencontrent enjeux écologiques, initiatives éducatives et dynamique communautaire.
Arawak s’engage pleinement dans ce projet qui s’inscrit dans nos valeurs. Aujourd’hui, après avoir milité pour la survie du parc, nous sommes investis dans sa restauration. Ce parc représente un message fort que nous souhaitons partager.
Arawak mobilisé lors des journées de restauration
Conclusion
L’histoire du parc national urbain Lorne Ross illustre la force d’une mobilisation citoyenne face à des intérêts économiques et politiques parfois divergents. À Santa Ana, habitants, associations et acteurs locaux ont su s’organiser, durer dans le temps et porter leur voix jusque dans les institutions nationales.
Au-delà de la création du parc en 2025, cette lutte met en lumière un enjeu fondamental : celui de l’équilibre entre développement urbain et préservation de l’environnement. Dans un contexte de pression immobilière croissante, elle rappelle que les choix d’aménagement du territoire sont cruciaux. Ils ne relèvent pas uniquement des décideurs politiques, mais aussi de la volonté collective des citoyens.
Aujourd’hui, à travers les actions de restauration et l’engagement continu de la communauté, le parc Lorne Ross s’impose comme un symbole durable. Celui d’un territoire défendu, protégé et réinventé par ceux qui y vivent.
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